Running : comment choisir sa paire de chaussures ?

Course à pied : un sport gratuit qui peut rapporter gros

La France regroupe plus de 13,5 millions de coureurs réguliers en 2020. Face à ces clients sur sollicités, équipementiers et magasins ont une carte à jouer pour tirer leur épingle du jeu.

Virgile Caillet, délégué général de l’Union Cycle et Sport, confie que « le panier moyen pour les coureurs est de 524 euros par an. Ils dépensent en moyenne 35% dans les chaussures, 26% dans l’inscription à des épreuves sportives, 21% pour le textile et enfin 19% pour les accessoires et l’électronique ». Par an, ce sont en moyenne 171 euros qui sont dépensés pour l’achat de chaussures de running. Focus sur le principal poste de dépense des coureurs à pied.

Dans l’univers de la chaussure de running, l’offre est pléthorique et le coureur est rapidement perdu tant les modèles sont nombreux. Les marques ne cessent de se réinventer et de diversifier leur gamme à grands coups d’opérations marketing, de technologies innovantes et de coureurs emblématiques qui présentent les derniers modèles de chaussures.

Tous les ans, ce sont 8,2 millions de paires de chaussures qui sont vendues selon le syndicat professionnel Union Sport & Cycle, positionnant le marché du running devant celui du football.

Quand on commence à courir, on choisit souvent avec soin une paire de chaussures qui nous accompagne dans notre pratique et on y accorde même un part d’affect. Comment choisir sa paire de chaussures ? Quel modèle de chaussures acheter quand on court ? Est-ce important d’essayer une paire de chaussures avant de les acheter ? Je vais essayer de vous apporter ces réponses dans cet article.

Plusieurs paires de chaussures : oui, mais pourquoi ?

Lorsque la pratique s’intensifie, passé trois sorties par semaines, certains spécialistes invitent les coureurs à alterner entre plusieurs paires de chaussures. Vous ne serez pour autant pas vu comme un collectionneur par les puristes, bien au contraire !

Il est impératif de laisser « reposer » vos chaussures si vous souhaitez progresser et prévenir d’éventuelles blessures. Les spécialistes sont unanimes : « avoir plusieurs paires permet d’alterner en fonction de vos séances ».

Certaines semelles intermédiaires peuvent mettre jusqu’à 48h après une sortie avant de retrouver leur forme et leurs propriétés d’origine. Si vous courez avec plusieurs jours de suite, vous allez sans doute anormalement user votre chère paire de chaussures. Pour penser longévité, mieux vaut parfois investir dans deux paires avec lesquelles vous allez composer plutôt qu’une qui va s’user trop prématurément.

En alternant entre plusieurs paires, leurs propriétés et leur durabilité seront optimisées et le risque de blessure diminuera de fait. Et quoi de plus important que prendre du plaisir en courant ? Confort, performance et durabilité sont donc des notions à ne pas prendre à la légère.

« Deux paires, c’est pour un pratiquant régulier le minimum, Khadija du magasin RRun Toulouse est très claire. Une première plutôt dirigée amorti et confort pour les sorties longues et les footings et une deuxième plus réactive et rigide pour la VMA, le seuil et le spécifique semble être la combinaison la plus complémentaire ». D’autant plus que deux séances intenses ne s’enchaînent jamais dans une bonne semaine d’entraînement, il y a toujours une séance en aisance qui vient ponctuer la suite de la semaine.

Le confort prime sur le reste

« Le confort doit influencer 80% de votre choix lorsque vous achetez une paire de chaussures , nous indique Khadija du magasin RRun Toulouse. Quand on parle confort, on parle stabilité, maintien du pied et protection des articulations ».

On entend souvent parler de drop lorsqu’on parle chaussures de course à pied. Le drop c’est la différence de hauteur entre talon et avant-pied. Plus le drop est important et moins les muscles seront étirés et sécurisés. A contrario, moins il est important et plus ces derniers seront sollicités.

« Le drop classique est entre 8 et 10mm. On considère que cette spécificité est là pour accompagner le coureur et lui permettre d’avoir une foulée davantage sur l’avant-pied, nous explique Khadija, du magasin RRun à Toulouse. Plus le coureur attaque médio-pied ou avant-pied et moins le drop va être important ».

Orienter son choix en fonction de sa morphologie

Le poids du coureur est un élément à prendre en compte dans le choix d’une chaussure de running. En effet, les besoins en amorti ne seront pas les mêmes pour un individu de 68kg que pour un autre de 85kg.

Khadija du magasin RRun Toulouse nous confie que « plus un coureur est lourd, plus ses articulations auront besoin d’amorti afin d’absorber les chocs de chaque foulée ». Il existe cependant des exceptions car « on trouvera des coureurs « lourds » plus à l’aise avec des chaussures légères et inversement ».

Déterminer la chaussure qui nous convient en fonction de notre foulée

Il existe trois types de foulées :

  • Supinatrice : c’est le type de foulée le plus rare, le pied déroule vers l’extérieur et la semelle s’use prématurément sur l’extérieur de la chaussure. Cette foulée peut être corrigée grâce à un amorti renforcé sur des orthèses (semelles orthopédiques conçues par un podologue)
  • Universelle/médio-pied : la partie centrale permet au pied de dérouler
  • Pronatrice : le pied déroule vers l’intérieur. Les podologues peuvent corriger ce type de foulée plus ou moins prononcée avec un soutien correcteur placé sur l’intérieur du pied afin de réduire son déséquilibre

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise foulée. Lorsqu’on passe la porte d’un magasin de running, on se dirige vers la nouveauté ou vers le coloris qui nous plaît le plus. Erreur ! Khadija du magasin RRun Toulouse nous explique qu’« il existe des chaussures universelles et des chaussures pour coureurs supinateurs ou pronateurs, la foulée influence la sélection de chaussures que je vais proposer à chaque client ».

De nombreux coureurs élites ont une foulée pronatrice et ça ne les empêche pas de réaliser des chronos incroyables. La pronation et la supination ne représentent que deux mouvements de pied, ne perdons pas de vue que le pied humain en possède dix.

Les podologues et les spécialistes du running vous diront qu’une paire de chaussures se choisit en fonction de votre foulée : ils ont raison. Cependant, ils rajouteront aussi que la chaussure reste une variable et qu’un jugement clinique par un podologue reste la meilleure option. Un bilan orthopédique peut être une bonne solution pour améliorer sa pratique et utiliser pleinement les caractéristiques d’une chaussure. Attention tout de même à ne pas aller au-delà des capacités d’adaptation de son pied avec des corrections trop prononcées.

Choisir sa paire de chaussures en fonction du revêtement sur lequel on court

Sur route, dans les sous-bois, sur le tartan ou en montagne, les différents revêtements et les différentes pratiques sont synonymes de tout autant de chaussures différentes.

Sur route pour faire du long ou des footings

La chaussure aura une semelle extérieure lisse pour un maximum d’adhérence et une semelle intermédiaire épaisse afin de mettre l’accent sur le confort et l’amorti.

Sur route pour aller vite sur courte distance

Souvent pratiquants réguliers, les coureurs qui font de la courte distance ont la plupart du temps une belle cadence et peu d’appui talon. Vélocité rimant avec avant-pied, la chaussure sera épurée, dynamique avec une semelle fine afin d’optimiser le renvoi d’énergie.

Vite et loin dans les chemins avec une chaussure de trail

Maître mot dans la pratique du trail-running, la stabilité sera la caractéristique principalement recherchée. En effet, sur terrain meuble, l’amorti sera moins important que sur un terrain plat et dur. La chaussure doit rester réactive pour bien placer le pied à chaque foulée et conserver une belle adhérence grâce à une semelle plus ou moins cramponnée si le terrain est « gras » ou non.

Une sélection de chaussures pour tous les goûts

Confort

Pegasus 37 : emblématique modèle couteau suisse de la marque au swoosh, cette 37ème édition ressemble comme deux goutes d’eau à sa grande soeur la Zoom Fly. Elle saura être un partenaire d’entraînement idéal par son confort et sa réactivité.

Nike Infinity Run React Flyknit : lancée à grands coups de campagnes publicitaires en 2020, le slogan « cette chaussure réduit le risque de blessures ». Elle a été utilisée par de nombreux coureurs et a surpris par son confort et sa longévité.

Saucony Ride : Treizième modèle de la marque Américaine, la Ride est le modèle « passe-partout » de Saucony. Contrairement à l’Endorphin Pro, elle est réputée pour sa polyvalence par les aficionados.

Asics Novablast : nouveau modèle de la marque Japonaise, elle est destinée à des séances rapides ou à des sorties longues tout en restant moins exigeante que la METARACER.

Hoka One Carbon X : la plaque carbone tout en confort. Pour moi, cette chaussure n’entre pas dans la danse des autres chaussures de running à plaque carbone car elle est « trop » confortable pour vouloir aller vite. Elle est cependant polyvalente pour les entrainements grâce à cette transversalité confort/carbone.

Légères

Nike Steak : c’est la septième version de la marque leader sur le marché. Appréciée des coureurs réguliers, il s’agit d’une référence dans l’univers des chaussures minimalistes pour les séances de vitesse.

New Balance 1500 : Sixième opus de la marque, c’est une chaussure minimaliste avec un très faible drop pour un retour d’énergie maximal.

Racées

Adidas Adizero Pro : très attendue, il s’agit de la première chaussure à plaque carbone de la marque Allemande. L’effervescence autour de sa sortie a été dilué par la crise sanitaire de 2020. Elle n’en reste pas moins une excellente chaussure de course.

Asics Metaracer : après l’échec de la METARIDE, Asics se positionne enfin sur le marché de la chaussure de course avec un modèle taillé pour les échéances sportives.

Saucony Endorphin Pro : après de nombreux prototypes et une batterie de tests en conditions réelles par les athlètes de la marque, Saucony fait fort sur le marché de la chaussure à lame carbone. L’Endorphin Pro représente une vraie alternative aux Next % de Nike.

Pour conclure

On ne peut pas dire qu’il y ait de bon ou de mauvais modèle ni de bonne ou de mauvaise marque. Chaque coureur doit orienter son achat en fonction de sa pratique et de ses habitudes. Prenez le temps de les essayer et n’achetez pas un modèle si vous avez un doute car en courant la première sensation ne peut que s’amplifier.

Fuyez les modèles orientés fitness ou crossfit car ces derniers ne correspondent clairement pas à une bonne pratique de la course à pied.

Enfin, prenez le temps d’être accompagné par un spécialiste en magasin afin de vous reposer sur son retour d’expérience et de ses conseils avisés !