Florian Carvalho : « l’athlétisme m’a permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui »

Crédit photo : Flora Metayer

L’athlète

Présente-toi en quelques mots (âge, profession, club et pratique(s))

Je m’appelle Florian Carvalho j’ai 32ans marié 2enfants de 4 et 3ans, je suis policier adjoint depuis 2019 et je bénéficie d’un aménagement (80%) pour pouvoir m’entraîner et performer au plus haut niveau. Je suis licencié au Pays de Fontainebleau AthleSud77 depuis 2020 pour pratiquer ma passion : l’athlétisme.

Depuis combien de temps pratiques-tu cette/ces discipline(s) ?

Je pratique l’athlétisme depuis l’âge de 6ans, je suis arrivé sur les pistes par le plus grand des hasards en suivant un mercredi après-midi ma sœur et une de ses copines à l’athlétisme car je n’avais rien d’autre à faire… et depuis je suis devenu un mordu du tartan. J’ai pratiqué d’autres sports en même temps de 6ans à 12ans comme le judo et le rugby mais ensuite je me suis contenté uniquement de l’athlétisme.

Quels sont tes RP (records personnels) ?

800m: 1’47”44
1500m: 3’33“47 (2013)
3000m: 7’45“77
5000m 13’27“ (2018)
10000m: 27’55“ (2021)
10km: 28’24 (2017 ou 18)
Semi: 1h00“58 (2020)
Marathon: 2h10“22 (2020)

Ton meilleur souvenir de course ?

Mon meilleur souvenir de course c’est mon premier titre de champion d’Europe de cross juniors en 2008 à Bruxelles. Avoir fait tous les sacrifices, s’être entraîné et avoir réussir à obtenir ce qu’on était venu conquérir c’était une satisfaction personnelle énorme, tout ça devant toute la famille qui avait fait le déplacement, et vivre sa première marseillaise avec eux c’était juste magique… tout le travail avait payé et j’étais fière de leur offrir ce titre.

Pourquoi avoir choisi l’athlétisme ?

L’athlétisme comme dit ci-dessus est vraiment un pur hasard mais j’ai su tomber sur des personnes qui ont su me faire aimer et apprécier ce sport et par la suite la culture de l’entraînement, je pense notamment à mon coach de mes début en 1995 jusqu’en 2016 : Gérard Sautret.

Crédit photo Philippe Millereau / KMSP / DPPI

Ses habitudes

Ta paire de chaussures favorites ?

Ma paire de chaussures favorite est la boston car on peut tout faire avec mais maintenant pour les compétitions l’adios Pro 2.

Garmin ou Suunto ?

Garmin pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais testé une Suunto. Si jamais Suunto veut que je compare je peux donner mon adresse (rires)

Se dépasser ou dépasser les autres ?

Se dépasser car je m’entraîne pour m’améliorer personnellement et obtenir de nouveau record surtout sur marathon maintenant. Et le fait de se dépasser permettra forcément d’en dépasser d’autres même si c’est la confrontation en compétition qui nous permettra d’obtenir le meilleur de nous-même (normalement).

Thé ou Café ?

Je dirais Thé même si j’en bois très rarement mais bon vu que je ne bois pas de café…

Short court ou cuissard?

J’étais 100% cuissard jusqu’en 2018 sur mes compétitions mais le marathon m’a fait accepter le short donc je dirais 50/50 mais sur piste cuissard 100%.

Travail perso ou travail d’équipe ?

Travail d’équipe même si les résultats dépendront du travail personnel fourni… c’est pour ça que j’ai adhéré à ce sport car si tu t’investis à fond tu auras les résultats que tu mérites ce qui n’est pas forcément le cas en sport collectif.

Pointes ou lame carbone ?

Pointes sans hésitation.

VMA ou seuil ?

Seuil je suis bon qu’à ça maintenant mais avant j’aurais dit VMA

En course, plutôt pop-corn ou youporn ?

Plutôt Pop-corn 

Bise ou serrage de pince ?

Les deux le plus important c’est de se dire bonjour non ? (rires)

Préparer ou improviser ?

Dans le sport préparé un minimum, dans la vie privée j’aime le risque donc l’improvisation mais avec les enfants ça a pas mal changé ça.

Cross ou course nature/trail ?

Cross c’est la base de tout athlète.

Crédit photo : Flora Meyater

Sa pratique

Quelle place prend l’athlétisme dans ta vie ?

Je pense que vous devez vous douter que l’athlétisme prend une place très importante dans la vie et dans celle de ma famille également. Ma journée son rythmé par les entraînements et l’école de mes enfants, je m’entraîne le matin souvent de 9h30 à 11h et le soir 18h15-20h pour un total de 11 à 12 entraînements semaines.

L’athlétisme ainsi que toutes les exigences que cela demande au niveau physique, mental, persévérance, assiduité et rigueur m’a forgé et m’a permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui. Je le dis tout le temps faites du sport quelqu’ils soient car c’est l’école de la vie pour le futur, et en plus on y découvre une nouvelle famille…

Comment est-ce que tu pourrais définir l’athlétisme et ta pratique pour des néophytes ?

Pour définir le demi-fond, je dirais que c’est la discipline sportive où ton principal adversaire, mais aussi ton plus fidèle allié, c’est toi-même. Il ne s’agit pas que de courir, il s’agit d’apprendre à écouter tes sensations, à te connaître toi-même.

Il s’agit d’apprendre à poser ton souffle, à te relâcher même dans l’effort. Contrairement à ce que l’on croit souvent, courir n’est pas inné, ça s’apprend, ça se travaille. Ma discipline, le 1500m, 3 tours 3/4 de piste, est un sprint très très long. Imaginez partir juste un peu moins vite qu’à fond, et on vous dit de faire 3 tours de terrains de foot à cette allure. Et quand vous allez arriver au bout, on vous dit « en fait continues, refais un tour, à la même vitesse ».

Au final, c’est bien passé pendant 2 tours et demi, vous avez serré un peu les dents pour arriver à la fin du 3ème tour. Mais le dernier tour, vous avez dû aller piocher dans des ressources dont vous ignoriez jusqu’à présent qu’elles existaient. C’est ça, le 1500m.  C’est dépassement de soi. 

Quel message pourrais-tu donner aux jeunes qui sont en école d’athlé ?

Pour ceux qui pratiquent de l’athlétisme en éveil athle amusez-vous mais écoutez bien les consignes et reproduisez au mieux les exercices car tous ces exercices de travail de pied, de coordination et d’habilité sont très importants pour l’après… et justement l’après vous avez un peu plus de temps pour progresser et le savourer surtout si les bases ont été bien faites. Donc à vous de jouer!

Avec une année 2020 particulière et une crise sanitaire qui nous impacte encore un an après dans notre quotidien, comment as-tu fait pour rester focus sur tes objectifs et te donner les moyens nécessaires pour les atteindre ?

Comme tout le monde j’ai du m’adapter à certaines contraintes surtout au premier confinement. Ce qui a été le plus dur c’est ce changement de rythme et de devoir caler des entraînements, tout en occupant les enfants. Après j’adore m’entraîner et le faire mal en règle générale donc j’en ai profité pour faire des exos de renforcement, etc. et du coup j’étais pas trop mal à la sortie du confinement. A aucun moment je n’ai perdu la motivation car j’avais toujours mes compétitions en lignes de mire : France de 10000 en 2020 + monde de semi 2020 et enfin marathon Valence qui ont toujours été maintenus.

Avec Yoann Durand comme meneur d’allure pour t’amener sur la première marche du podium, la victoire est d’autant plus belle. Comment décrirais-tu votre amitié ?

L’objectif est le marathon de Paris même si la préparation sera très courte comparé à d’habitude mais on verra bien. Yoann Durand (Yodu) est une personne que j’ai rencontré lors de la première sélection en cross country en 2007 à Toro, j’ai adoré sa joie de vivre, son amour et sa simplicité.

Ensuite je l’ai revu sur des stages et on a appris à mieux se connaître pour au finale devenir pote. C’est exactement la même chose avec Benjamin Malaty, Yohan Kowal, Jeff Lastennet, on a tous été au mariage des uns et des autres ça dépasse le sport maintenant c’est une vraie amitié et ce sont tous de très belles personnes et qui adorent partager et transmettre. Pour conclure sur Yodu si vous voulez rire surtout ne l’oubliez pas, très bon séjour garanti (rires).

A 32 ans, tu as un beau palmarès et tu as décroché de nombreux titres Nationaux et Européens. Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite de ta carrière ?

Tout simplement de pouvoir finir ma carrière sur le marathon des JO de Paris en 2024 avec le plus beau des chronos et entre temps de m’être rapprocher des 2h08“30.

Crédit photo : Flora Metayer

Leave a comment